dimanche 25 janvier 2026

Marie-Hélène Lafon : "Partir c'est s'inventer" | France Inter :

 

Dans son dernier roman "Hors-champ" (Bûchet-Chastel), l'écrivaine Marie-Hélène Lafon explore les liens profonds qu'elle entretient avec sa terre natale du Cantal. Elle revient sur la difficulté à s'exprimer dans le monde paysan, et souligne le rôle essentiel du langage pour se construire. 

 

Dans ce nouveau livre, Marie-Hélène Lafon explore ses origines et interroge les trajectoires opposées de deux enfants d'une famille paysanne : Gilles qui reprend la ferme familiale et Claire qui s'échappe par les études pour devenir professeure puis écrivaine. L'auteure, qui vient de vivre sa première rentrée sans élèves après 41 ans d'enseignement, revient sur ce qui la lie encore à cette ruralité dont elle est issue.

 

L'attachement à la terre natale

Pourquoi revenir sans cesse à cette terre du Cantal dont elle s'est arrachée ? Marie-Hélène Lafon répond avec une formule frappante : "Arracher rime avec attaché, parce qu'arrachement rime avec attachement, je ne sépare pas l'un et l'autre". L'écrivaine explique qu'il existe en elle "un sens de l'honneur, de l'honneur paysan",qu'elle compare à une "couche géologique, une strate". Tout comme le photographe Raymond Depardon qui a grandi dans une ferme, elle a conscience que cette expérience donne "un rapport au réel très fort", essentiel pour créer.

À écouter

 

 

lture

40 min

 

Le monde de la ferme

L'univers des fermes est marqué par une forte sensorialité, notamment celle des odeurs de bêtes. Marie-Hélène Lafon souligne l'omniprésence des vaches : "ça vous regarde, ça sent, on les entend". La mort d'une bête est perçue comme un "naufrage majeur et définitif" pour le paysan, et symbolise son impuissance. Le livre aborde également l'influence de la religion catholique dans la vie paysanne, notamment le rituel de la confession, qui révèle une répartition genrée des rôles. Dans son roman, elle fait revivre la France des années 1970, particulièrement à travers les chansons de variété de l'époque, éléments qui "remontent avec une précision stupéfiante".

 

L'absence de lits et ses conséquences

Dans Hors-champ, Marie-Hélène Lafon explore particulièrement le rôle du langage dans les destins contraires de ses deux personnages. Gilles, le frère qui reste à la ferme, est enfermé dans sa difficulté à s'exprimer : "Il ne peut pas formuler la question et quelque chose en lui est résigné par avance", explique l'auteure. Cette honte de ne pas savoir parler commence dès l'école et "va se déployer dans son existence".

À écouter

Présentation - Imaginaires paysans

Les Nuits de France Culture

4 min

À l'inverse, Claire, la sœur partie à Paris, revient sans cesse et cherche à maintenir un lien avec sa famille par des gestes du quotidien, tels que "balayer, laver, ranger", mis sur le même plan que son travail d'écriture, "chercher les mots, les exhumer, les trier, les choisir". Ces actions concrètes sont pour elle un moyen de manifester son attachement indéfectible à ses proches, car "puisque les mots ne passent pas, ils restent coincés dans les gorges, ce sont des gestes".

Entre monde paysan et monde scolaire

L'auteure établit un parallèle entre la vie d'enseignant et celle de paysan, toutes deux rythmées par les saisons et les rituels : "Les professeurs de lettres classiques, souvent, se vivent comme les derniers Indiens du système scolaire", tout comme elle a décrit dans Les Derniers Indiens un monde paysan en mutation. Après plus de 40 ans dans le calendrier scolaire, elle reconnaît que les rituels du retour en classe "s'inscrivent très naturellement quand on vient du monde paysan, où on a aussi des saisons". Pour Marie-Hélène Lafon, ancienne enseignante de lettres classiques, donner accès à la langue reste "un horizon d'attente, politiquement très essentiel", qui permet d'accéder "à l'intériorité et au monde". Elle évoque les "phrases qui enferment", ces expressions familiales qui peuvent restreindre une vie.

À écouter

Marie-Hélène Lafon : "Écrire, c'est faire chair"

Le grand atelier 

54 min

 


Club de Lecture " Des livres émois" ce dimanche 25 janvier à la Librairie Par chermins:

 On commence cette année  avec dynamisme et enthousiasme en accueillant quatre nouvelles venues et en retrouvant  les habitué.e.s avec joie  :


vendredi 23 janvier 2026

Une nouvelle traduction pour "La Mort à Venise" de Thomas Mann :

 Plus d’un siècle après la première publication de "La Mort à Venise", une nouvelle traduction française restitue la force et la complexité d’un texte majeur, dont le trouble, dans une Venise gagnée par le choléra, demeure intact.

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-book-club/une-nouvelle-traduction-pour-la-mort-a-venise-de-thomas-mann-2557648

 

                                Portrait de Thomas Mann à New York en 1943 ©Getty - Fred Stein
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  • Claire de Oliveiratraductrice, maîtresse de conférence à l'Université Paris-Sorbonne.
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Thomas Mann est né en juin 1875, il y a un peu plus de 150 ans, ce chiffre rond a occasionné plusieurs manifestations, lectures et relectures en 2025 partout dans le monde. En 2026, son œuvre entre dans le domaine public dans de nombreux pays et vient alors relancer les lectures et les adaptations de ses textes. Dans ce sens, une nouvelle traduction de « La Mort à Venise », texte publiée en 1912, paraît en 2026 avec d'autres nouvelles aux éditions Christian Bourgois. Nous y lisons la ville italienne, plusieurs mystérieuses apparitions masculines, le désir homosexuel, le vieillissement, la création et la mort. Venise y est, tour à tour somptueuse, malsaine et soumise à une épidémie de choléra.                                                                            Claire de Oliveira trouve la langue de Thomas Mann "somptueuse, très originale et en lutte contre une peur de l'inachèvement et du silence. Pour Thomas Mann , l'un des moyens d'échapper au mutisme est ce qu'il appelle l'imposture. L'incipit de « La mort à Venise » est une parodie du style d'Achenbach qui est lui-même le personnage principal de cette nouvelle."                                                           Le grand sujet de « La mort à Venise »  pour Claire de Oliveira est "la passion interdite de l'homosexualité. À mot couvert, Thomas Mann nous parle dans ce texte de l'homosexualité pénaliséeet réprimée. L'engouement pour cet adolescent du même sexe est exprimé par des métaphores qui le subliment, qui se situent au-delà du délabrement pour s'élever vers la contemplation platonicienne de la beauté" dans laquelle Thomas Mann "élabore une conception inédite de l'esthétique."

Claire de Oliveira prend soin du lectorat contemporain de Thomas Mann grâce à un appareil critique comprenant "des notes explicatives" pour que "certaines allusions culturelles" puissent "être décelées par les lecteurs contemporains francophones." Claire de Oliveira a également été, dans sa traduction, attentive aux "'intertextes au sens large, car Thomas Mann est un très grand lecteur et ne cesse de faire des allusions à des auteurs qu'il adore." Il y a notamment des "références extrêmement cryptées à Gustave Flaubert."


La question de l'auditrice Yulia @yulia_morel à l'attention de Claire de Oliveira : "En tant que traductrice, comment garder quelque chose de l'esprit ou de l'identité allemande propre à Thomas Mann en français ? Faut-il forcément chercher à le préserver ou accepter que la traduction transforme notre lecture ?

 https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-book-club/une-nouvelle-traduction-pour-la-mort-a-venise-de-thomas-mann-2557648 
 
 
 
 

vendredi 9 janvier 2026

Notre prochain CLUB de LECTURE à FOREST ce 25 janvier 2026 :


Notre Club de Lecture " Des Livres émois "  invite à venir flâner au cœur de Forest  dans un lieu stimulant, solidaire, en phase avec nos valeurs et nos objectifs : la Librairie Par Chemins, une petite librairie associative située rue Berthelot 116 à Forest . Animée par des membres bénévoles, elle propose une sélection de livres neufs et d’occasion, parmi lesquels nous nous réjouissons de nous réunir un dimanche par mois:


 
 DIMANCHE 25 Janvier 2026 : 17h à 18h30

Le Club c’est l'occasion de  se rencontrer car c'est un moment de partage avec toutes et tous, à tout âge, de 17h -18H30 pour échanger, partager ou découvrir ses coups de cœur littéraires.
 Chacun.e. choisit de présenter un livre, ou simplement d’écouter, suivant son envie du moment :
 
          "Ecouter lire pour (se)découvrir, se laisser guider, s'orienter ou se perdre » 

                                                                      
           Entrée libre mais merci de confirmer votre présence! : asblpasmoi@gmail.com




 

samedi 15 novembre 2025

LECTURE VIVANTE " Enfermement et Délivrance "par l'Atelier "Voix Vives" :

 

L’enfermement exerce isouvent le contrôle des corps et des esprits : il a aussi pu prendre la forme d’un contrôle social et d’une mise à l’écart de femmes considérées comme « difficiles » ou déviantes, notamment dans le contexte des asiles psychiatriques.

 

 


Notre Prochaine LECTURE VIVANTE “Enfermement et Délivrance”  invite à un parcours littéraire à travers des textes d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs, qui explore les différentes formes de l’ enfermement  en mettant l’accent  sur l’enfermement féminin  : carcéral , psychiatrique, sensoriel, historique, social , culturel, religieux, confinement, relations toxiques, féminicides, mariages forcés, maladies, handicap, phobies, otages, exil, secte, déportation…Mais aussi sur  ses aspect parfois favorables avec des textes où  se profile le chemin  de la  délivrance dans le sens  d'un dépassement, d’une émancipation,  d’une  libération .



 


                                                                        12 décembre  19 H30

                      à la MAISON du LIVRE- 28, rue de Rome - Saint Gilles -1060

 

Vous serez accueilli.e.s au bar  à partir de 19h mais à 19h30 précises  les portes seront fermées jusqu’à la fin de la lecture à 20h 30

 Réservations en ligne sur le site de la Maison du livreEnfermement et Délivrance - La maison du livre