dimanche 29 mars 2015

"ENFONCURES " à la Balsamine

En 1991, il y a cette guerre qui commence et dont parle la pièce Enfonçures : la première guerre du Golfe. Cette guerre que l'on a suivi à la télévision chaque soir, dans une quasi simultanéité des faits. Une guerre au visage contemporain, une guerre technologique, une guerre à distance, où il suffit de viser juste et d'appuyer sur un bouton, comme sur la manette d'un jeu vidéo pour gagner la partie. Ni cadavre, ni désolation, le bombardement de Bagdad ressemble à un grand feu d'artifice. Images hypnotiques de nuit. La distanciation observée et ralliée par une grande majorité des médias pendant cette guerre du Golfe nous dévoile cette fabrique d'illusions.
Cette mise à distance est l'expression d'une virtualité de plus en plus intense dans les relations humaines.
« Et des poètes, à quoi bon en ces temps d'indigence ? » questionne Hölderlin.
Enfonçures juxtapose une double fable : les dernières années de la vie du poète allemand Hölderlin alors qu'il sombrait dans la folie avec les premiers jours de la guerre du



Golfe. Ces deux sujets s'emmêlent reliés par un point commun : la perte de la réalité.
Dans Enfonçures, la voix de Gabily s'exprime, comme en écho au poète allemand Hölderlin. Les deux figures se confondent et questionnent la place du poète, de l'artiste dans notre société.
« Voilà. Un de ces poèmes impassibles qui aident à supporter le vivre. Dit‐on. »

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