Il
y a quelques jours, nous recevions le neuroscientifique Michel
Desmurget qui nous indiquait, preuves scientifiques à l’appui que la
lecture rendait plus intelligents les enfants et les adolescents… Lire
de vrais livres, pas sur écran pour leur développement, leur créativité,
leurs aptitudes langagières, émotionnelles et sociales.
La lecture un acte essentiel également pour les adultes, par gros temps, quand par l’exemple l’actualité est anxiogène…
Lire
de la philosophie, des ouvrages de développement personnel et de
psychologie, des romans pour le plaisir et aussi pour se consoler…
Ce
matin les philosophes Laurence Devillairs et Thibaut de Saint Maurice,
les journalistes Flavia Mazelin Salvi et Pascale Frey partage leurs
sélections de livre qui font du bien à notre intelligence et à notre
sensibilité…
Et
pour vous, la lecture est-elle essentielle quand vous traversez une
période compliquée ou comme rempart à une actualité difficile ?
Racontez-nous
quels sont les livres qui vous réconfortent au standard et sur WhatsApp
au 01 45 24 7000, sur l’appli France Inter et sur la page Facebook de
l’émission.
avec
Laurence Devillairs est normalienne agrégée et docteure en philosophie, spécialiste du XVIIe siècle.
1. Le Festin de Babette de Karen Blixen : qu’on me donne la chance de donner le meilleur de moi-même
2. Noces de Camus : « Pour revivre, il faut une grâce, l’oubli de soi ou une patrie »
3. Les Pensées de Pascal, parce que l’encre noire console plus que l’encre rose.
4. La Crise de la culture, Arendt, le chapitre sur la liberté : le miracle de commencer quelque chose.
5. De la tranquillité de l’âme de Sénèque : non pas pour tout supporter sans rien dire mais pour être à la hauteur de ce qui nous arrive.
Flavia Mazelin Salvi est
journaliste et autrice spécialisée en psychologie et spiritualité, a
travaillé pendant plus de 20 ans à Psychologies Magazine. Elle est
l'auteure de l'application Zéro Stress
Livre : Ces mots qui nous libèrent - 50 antidotes à la négativité, la peur et l'anxiété, Le Courrier du livre, mai 2023
Ses recommandations :
1. Imparfaits, libres et heureux de Christophe André (Odile Jacob)
2. A chacun sa mission de Jean Monbourquette (Bayard)
3. Aimer ce qui est, de Byron Katie (Ariane)
4. Les 4 peurs qui nous empêchent de vivre de Eudes Séméria (Albin Michel)
5. Le cerveau du bonheur, de Rick Hanson (Les Arènes)
Pascale Frey est journaliste littéraire indépendante.
Ses recommandations :
1. Une façon d’aimer de Dominique Barbéris (Gallimard)
2. L’hôtel des oiseaux de Joyce Maynard (Philippe Rey)
3. Chéri de Colette
4. Orgueil et préjugés de Jane Austen
5. La saga des Bridgerton de Julia Quinn (Pygmalion)
Thibaut de Saint Maurice est philosophe, essayiste et créateur du Paris Podcast Festival
Parmi les heures les plus merveilleuses de mon enfance, la lecture des aventures de Fantômette, du Club des Cinq ou des Six compagnons, dans la Bibliothèque rose et verte, dilatation du temps qui passe, plaisir des mots, immersion dans un univers d’amis pour la vie. Plus tard, à l’adolescence plaisir identique à la lecture des contes et nouvelles de Maupassant ou des romans de Françoise Sagan. Et pour toujours le plaisir intact de passer des heures avec les personnages de Philip Roth, Jonathan Coe, Jane Austen, Tolstoï, Dickens ou Tom Wolfe. La lecture pour le plaisir qui reste un puissant antidote pour ne pas devenir un crétin digital… Lire rend nos enfants plus intelligents, c'est prouvé scientifiquement
La lecture, une formidable machine à fabriquer de l’intelligence
Dans son précédent livreDans la fabrique du crétin digital,Michel Desmurget, docteur en neurosciences, dénonçait l’effet néfaste des écrans sur le cerveau de nos enfants. Il faisait l’amer constat que les enfants, même très jeunes, passent beaucoup trop de temps devant les écrans et que cet environnement n’a aucun effet bénéfique sur leur développement cérébral. L’exposition aux écrans a des effets délétères sur leur sommeil, leurs interactions intrafamiliales qui fondent le développement du langage, essentielles à la lecture.
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Après la parution de son livre, il s’est penché sur la littérature scientifique pour trouver quelles activités étaient bénéfiques pour développer l’intelligence et il en a trouvé de nombreuses : la musique, l'art, le sport, le jeu, mais la lecture se démarque de toutes « je n'en ai trouvé aucune qui ait des effets aussi larges, aussi profonds, aussi unanimes et surtout aussi transversaux que la lecture ». Cette particularité s’explique « parce quela lecture va vraiment affecter toutes les autres compétences. Elle a desimpacts majeurs sur le langage, l'imagination, la créativité, l'expression écrite. Plus nous lisons, plus nous sommes capables destructurer notre pensée, d'organiser nos idées. Et plus les enfants lisent et plus ils sont à l'aise à l'oral aussi ». Lire développe l’intelligence, augmente le QI maiselle forge aussi notre intelligence sociale et émotionnelle :« les chercheurs parlent de simulation sociale et ce qui est intéressant, c’est que ce sont les mêmes réseaux neuronaux qui vont s'activer, la façon dont le cerveau va réagir à un sentiment, à une émotion réellement vécue qu’à une émotion vécue dans un bouquin ».
Les bénéfices de la lecture sont innombrables mais est-ce que les effets sont les mêmes lorsque l’on lit sur papier ou sur écran ? Quel type de lecture est à privilégier ?
Comment lire intelligemment ?
Préférez le livre papier à l’écran
Pour le neuroscientifique, auteur de « Faites les lire ! »le papier est infiniment supérieur à l’écran. Si l’enfant lit sur un téléphone ou une tablette, celui-ci a de fortes chances de se laisser déconcentrer par des liens hypertextes, des notifications de réseaux sociaux. Dans le cas où l’on lit sur une liseuse, il n’existe pas de différence par rapport au papier en revanche ce qui va être différent c’est la difficulté du texte « plus le texte va devenir exigeant et plus il y a un bénéfice du papier, la concentration semble plus facile, la lecture est plus superficielle sur écran parce que l’on associe sûrement les écrans aussi à des choses récréatives. Donc on lit plus vite, on lit de façon plus partielle ».
L’autre raison évoquée par le chercheur estl’unité spatiale des livres papier qui permettent une meilleure mémorisation de la chronologieet de l’organisation des évènements. Nous sommes ainsi en mesure de construire une représentation mentale.
Les romans plutôt que les mangas ou les magazines
Toutes les lectures ne se valent pas. La lecture d'un magazine ou d'un blog n'a pas exactement les mêmes effets sur la construction cérébrale que la lecture d'un roman. Il a été prouvé scientifiquement quele livre de fiction a plus d'influence sur le développement intellectuel,langagier d'un enfant que la lecture d'un magazine ou d'une BD. Michel Desmurget l’explique par le fait que l’ « on met plus d'informations dans un chapitre de livre au niveau langagier, notamment au niveau connaissances, que dans une bulle de manga. Il ne s'agit pas de dire que les enfants ne doivent pas lire des magazines, des mangas ou des BD mais ça veut dire que si la diète de lecture de l'enfant n'est composée que de ce type de lectures alors il ne moissonnera pas tous les effets bénéfiques de la lecture ».
La pratique de la lecture s’est effondrée au cours des 50 dernières années. Selon le programme PISA (programme international pour le suivi des acquis ) des élèves créé par l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économique, la France compte beaucoup de lecteurs faibles et peu de lecteurs avancés.
Lire des histoires aux enfants le plus tôt et le plus tard possible
Michel Desmurget préconise àla famille de sensibiliser son enfant à la lecture dès son plus jeune âge « Les études montrent qu'il faut lire des histoires aux enfants le plus tôt possible. Entre trois et six mois, on a plein d'effets positifs. Il y a même des études avec des prématurés qui montrent que dès la naissance, cela a des effets positifs sur les interactions, les émotions, la dynamique familiale ».Celui-ci insiste sur le fait decontinuer à leur lire des histoires le plus tard possible, même lorsqu’ils apprennent à lire. Le neuroscientifique explique que l’école ne suffit pas à faire de l’enfant un lecteur « les parents considèrent que l’on apprend à lire au CP ou on considère que l'apprentissage de la lecture se réduit au décodage. Mais ce n'est pas du tout cela. Le décodage, c'est la raquette du tennis, c'est essentiel. On ne peut pas jouer sans, mais ce n'est pas lui qui fait l'expertise. La lecture, c'est comprendre. Et encore une fois, on l'a dit, il y a beaucoup plus de richesse langagière et plus de connaissances dans les livres et petit à petit, il faut construire ça et ça se construit à travers la lecture partagée ». De mêmeil est important de l’accompagner afin qu’il ne se dégoûte pas de la lecture« donner aux enfants des livres qui sont en dehors de leur compétence, c’est le meilleur moyen qu’ils se cassent les dents, de les mettre en échec et de faire en sorte qu'ils soient à jamais dégoûtés de la lecture ».
Aborder la lecture de façon plus ludique
Le mode de transmission de la littérature à l’école est le plus souvent vécu par les jeunes comme une contrainte. Gautier Morax, concepteur et directeur du festivalLivrodrome,souligne que nous vivons dans une « époque où il y a une concurrence des loisirs. Je pense que le jeu vidéo, les téléphones sont vécus comme quelque chose de très ludique et dans le fond, de très récréatif. Ce qui n'est pas le cas du livre ».
Le Livrodromeest né d’un projet initié en 2018 par le Centre national du livre. Sa vocation « redonner le goût et le plaisir de lire à partir de dix ou onze ans, âge décisif où la question de la lecture en famille, quand elle existe, disparaît ». Gautier Morax explique « la réponse que j'ai imaginée, c’estune fête foraine littéraire, l’été, itinérante en France, que l'on construit dans chaque territoire pendant six mois avec les acteurs culturels du territoire, avec lesquels on va essayerd'imaginer une mise en scène singulière de la littérature, de nouveaux dispositifs de médiation ».Il donne en exemple « la cabine d'ordonnance littéraire. Je m'assois dans une cabine et plutôt que d'avoir en gros 15 000 bouquins devant moi, j'ai un libraire ou un bibliothécaire avec qui je vais échanger, avec qui je vais parler de mon rapport au livre ou de mes goûts, de mes intérêts. Et celui-ci va me prescrire un livre ».Celui-ci explique que l’impact est immédiat, c’est-à-dire que l’on voit des jeunes sortir de la cabine pour aller se procurer le livre s'il existe dans la librairie duLivrodrome, soit ultérieurement dans le réseau des librairies indépendantes de la ville en question. Au fil des saisons du festival, Gautier Morax fait le constat « oui, les jeunes lisent moins et on renverse ce constat pour dire qu’il y a un attrait pour la littérature, il faut simplement la mettre en scène différemment ».
C'est la rentrée pour l'Atelier VOIX VIVES : le temps de réunir une compilation de textes toniques, incisifs, interpellants, cocasses, farfelus , tragiques glanés chez des autrices et auteurs , belges parfois , d'ici ou d'ailleurs, connus ou méconnus.....
Pour composer notre prochaine LECTURE VIVANTE :
" Faits divers et Petites annonces"
à la Maison du livre à St Gilles le 7 décembre 2023
Crimes passionnels, accidents tragiques, petites et grandes misères du quotidien... Les faits divers composent une histoire populaire de l'humanité, en fonctionnant comme un catalyseur des peurs et des interrogations du temps : débat sur la peine de mort, sur la récidive, erreurs judiciaires. Au drame s'ajoute souvent le tragi-comique, parfois même le cocasse. Le goût des faits divers mêle intérêt pour la vie et passion pour la fiction. On commet un crime, mais on raconte un fait divers : c'est déjà du roman. Poésie du quotidien mêlant le banal et l'extraordinaire, l'anecdote et l'insolite, le goût des faits divers est avant tout le goût de la littérature.
"Ecouter lire pour (se)découvrir, se laisser guider, s'orienter ou se perdre »
Le
Club c’est un moment de partage avec toutes et tous, à tout âge, de
16h30 -18H pour échanger, partager ou découvrir ses coups de cœur
littéraires. Chacun.e. choisit de présenter un livre ou simplement
d’écouter dans un lieu stimulant et accueillant
Au
chevet de son père mourant, Atara recueille les propos confus de cet
homme qui l’a élevée avec sévérité. Il l’appelle Rachel, du nom de sa
mystérieuse première épouse, s’adresse à elle par une vibrante
déclaration d’amour. Troublée, Atara retrouve sa trace et réveille chez
cette femme âgée un douloureux passé dans la lutte armée clandestine.
Rachel n’a rien oublié de ces années de résistance contre les Anglais,
avant la fondation de l’État d’Israël, et surtout pas le prénom de celle
qui aujourd’hui se présente à elle. Mais de qui Atara porte-t-elle le
nom ? La rencontre de ces deux femmes bouleversera de façon inattendue
leur existence et liera à jamais leur destin.
Dans Stupeur, en sondant magistralement l’âme humaine, Zeruya Shalev
montre comment l’histoire collective d’une société fracturée bouscule
les liens privés. De sa plume délicate et précise, elle interroge la
parentalité, le couple, mais aussi la culpabilité et les silences qui
régissent nos vies.
La note vocale de Mathilde@mathildecotton à Zeruya Shalev
"J’avais
déjà lu avec grand plaisir les précédents romans de Zeruya Shalev. Ce
ce qui m’a frappé dans ce roman, en plus du cadre spatiotemporel, et de
la dimension politique avec cette attention qui est portée à la
résistance contre l’occupation britannique avant la création de l’état
d’Israël, c’est, qu’elle arrive, à chaque fois, à rendre compte de la
complexité d’une psychologie souvent féminine, ainsi que de la
complexité des rapports entre les personnages.
Comment
Zeruya Shalev travaille-t-elle et comment arrive –t-elle à rendre
compte de cette complexité ? A-t-elle des modèles d’écrivains, fait-elle
des enquêtes ?"
Aujourd’hui,
le correspondant permanent de Radio France Thibault Lefèvre nous décrit
l'agonie de nombreuses librairies françaises, quand elles ne sont pas
obligées de mettre la clef sous la porte. Le dernier établissement à
avoir fermé ses portes se trouve à Jérusalem.
"Ecouter lire pour (se)découvrir, se laisser guider, s'orienter ou se perdre »
Le Club c’est un moment de partage avec toutes et tous, à tout âge, de 16h30 -18H pour échanger, partager ou découvrir ses coups de cœur littéraires. Chacun.e. choisit de présenter un livre ou simplement d’écouter dans un lieu stimulant et accueillant.